Jean-Claude Chautard est le dernier berger du petit village de Gras. Il a voué toute sa vie à ses brebis et il continue, bien que l’âge de la retraite ait sonné depuis longtemps. Si vous le croisez au détour d’un pré, il vous expliquera avec passion son métier et vous présentera celles qu’il appelle ses « filles ».

Joot Prod.

Jean-Claude Chautard, que ses proches appellent affectueusement « Jeannot », habite Gras depuis sa naissance il y a 76 ans. Son grand-père était berger. Il décède alors que Jean-Claude n’a que 4 ans. Son père récupère le troupeau mais il ne s’y intéresse pas vraiment. C’est donc le petit Jeannot qui devient berger à l’âge de 7 ans.

Vous ne devenez pas berger, vous avez ça dans le sang quand vous naissez !

Il effectue sa première transhumance à l’âge de 10 ans. « Ma première transhumance de 2 km, précise-t-il en riant. Je suis parti avec ma trentaine de brebis et mon chien dans la montagne ».

Joot Prod.

Le petit Jeannot a ensuite grandi, il s’est marié et il a fait grossir son troupeau, jusqu’à avoir 500 bêtes en 1995. Ses brebis ne font pas la laine mais des agneaux à la viande tendre, nourris exclusivement avec de l’herbe fraîche.

Jean-Claude a toujours vécu de la viande de ses bêtes, mais il les élève avant tout par amour. Lorsqu’il parle d’elles, son regard bleu s’illumine. « J’ai des brebis parce que j’aime ça. Je me lève le matin pour aller leur parler. Je les appelle mes filles. « 

Jean-Claude n’a plus que 20 brebis et 15 agneaux. En été, il est très fier de les présenter aux touristes de passage. « On démarre dans la bergerie. Je commence par leur dire d’être calme, de ne pas crier et de ne pas faire de grand gestes car les brebis ont peur des étrangers. On part ensuite en balade et je réponds à toutes leurs questions. » Jean-Claude à des dizaines d’anecdotes à raconter, comme le jour où son troupeau a sauté au dessus de la rivière en crue. Il a dû monter en haut de la colline pour trouver un pont et traverser à son tour …